Thérapies conservatrices dans le traitement de la CI
Ce qui
suit est un compte-rendu des types de traitements n’ayant rien à voir ou
n’ayant aucune corrélation avec les médicaments ou procédures chirurgicales
traditionnelles.
Il s’agit
de traitements que les patients peuvent s’auto-administrer. Bien qu’aucune
recherche clinique ne vienne prouver leur efficacité, les bienfaits rapportés
par ceux qui les pratiquent sur une base continue semblent indiquer qu’ils
méritent qu’on y regarde de plus près.
Le régime
alimentaire a une influence significative sur les symptômes de la CI dans plus
de 50% des cas. Par conséquent, la modification du régime alimentaire est le
premier choix de bon nombre de patients et semble très efficace pour beaucoup
d’entre eux. Il existe différents « régimes CI », mais il faut retenir que les
patients ne répondent pas tous de la même manière, ni au même degré, au même
régime.
Une
stratégie extrémiste visant à éliminer tous les aliments susceptibles
d’aggraver les symptômes de la CI peut facilement mener à de sérieux problèmes
de santé pouvant aller jusqu’à la malnutrition. L’astuce pour établir une liste
d’aliments avec lesquels on « triche pour en subir les conséquences
ultérieurement » est d’expérimenter intelligemment. Dès qu’un aliment cause un
symptôme, il serait préférable de l’éliminer complètement de la diète.
Aliments qui peuvent aggraver les symptômes de la CI
Les
principaux aliments « irritants » sont:
· les
agrumes, la pomme, l’abricot, l’avocat, la banane, la cantaloupe, le
canneberge, le raisin, la nectarine, la pêche, la prune, la rhubarbe, la
fraise;
· le
café (attention beaucoup de produits dits « décaféinés » contiennent des
quantités significatives de caféine!);
· le
chocolat;
· l’alcool;
· la
tomate et ses dérivés;
· les
aliments épicés;
· les
boissons gazeuses.
D’autres
aliments, additifs ou breuvages susceptibles d’aggraver les symptômes de la CI
sont:
· l’aspartame
(« NutraSweet »), la saccharine, les aliments avec des colorants artificiels,
le MSG, l’acide citrique;
· les
fromages (sauf l’américain, le cottage, à la crème, le ricota)
· la
crème sure;
· le
yaourt ;
· le
foie de volailles;
· les
viandes fumées;
· le
hareng mariné;
· le
vinaigre;
· la
vinaigrette;
· la
mayonnaise;
· les
lentilles, les fèves de lima, la fève « fava », la fève de soja;
· les
noix (les amandes, les pinot et les arachides sont convenables);
· les
oignons;
· le
pain de seigle.
L’approche
la plus simple consiste en l’exclusion des aliments énumérés ci-dessus pour une
période de une à deux semaines. Ensuite on cherche à les ré-introduire un à la
fois, en notant celui qui provoque l’aggravation des symptômes. Si un aliment
est susceptible de causer un problème, cela sera évident dans les 6 à 12 heures
suivant leur ingestion. Dans plusieurs cas les effets peuvent dépendre de la
quantité de nourriture consommée. Encore là, il faut expérimenter pour
découvrir la quantité que l’on peut consommer sans problème.
L’acidité et les symptômes de la CI
Beaucoup
de patients rapportent que la nourriture acide entraîne une aggravation des symptômes
(les raisons pour ceci ne sont pas claires, puisque plusieurs aliments acides
n’ont aucun effet significatif sur l’acidité de l’urine). À défaut de
s’abstenir complètement des aliments « nocifs », certaines stratégies peuvent
être adoptées pour faciliter la consommation des aliments acides:
· L’utilisation
du « Prelief » (nom commercial): un neutralisant d’acidité alimentaire que l’on
saupoudre sur la nourriture acide avant consommation. On peu s’informer au site
web http://www.prelief.com
ou en téléphonant au 1-800-994-4711.
· La
consommation de bicarbonate de soude: un verre d’eau avec une demie cuillère à
thé, prise 3 fois par jour semble aider certains patients. Les patients
souffrant de tension artérielle élevée devraient prendre garde puisque ce
produit à teneur forte en sodium peut causer la rétention d’eau ou contribuer à
élever encore d’avantage la tension artérielle.
· Le
citrate de potassium diminue l’acidité de l’urine et peut donc aussi contribuer
à soulager les inconforts de la CI. Toutefois il peut aussi causer des maux
d’estomac. Le médicament UROCIT-K est souvent mieux toléré.
· «
A Taste Of The Good Life; A Cookbook For The Interstitial Cystitis Diet » par
Beverly Laumann contient plusieurs idées intéressantes. Ce livre de recettes pour les personnes
atteintes de la CI est fortement recommandé.
· Le
site internet http://www.ichelp.org
offre aussi beaucoup d’informations intéressantes et utiles.
Consommation de liquides
Beaucoup
de patients diminuent leur consommation de liquides dans l’espoir de réduire le
volume d’urine. Mais attention à la déshydratation chronique! La déshydration
concentre tous les élément nocifs dans un volume réduit d’urine et cette concentration
excessive accentue plutôt les symptomes, particulièrement l’aspect douloureux.
Au
contraire, il est préférable d’augmenter l’apport de fluides, surtout de l’eau.
Combien en boire? Ceci varie d’une personne à l’autre en fonction de la
stature, de l’âge, de la fonction rénale et du niveau d’activité physique. Mais
ne pas en boire assez va sûrement aggraver les symptômes.
Un
pourcentage assez élevé des gens atteints de la CI souffrent de constipation
chronique, ce qui peut aussi accentuer les symptômes de la CI. Une diète à
haute teneur de fibres peut aider.
Biofeedback
Une
technique utilisée afin de mieux contrôler les fonctions physiques du corps est
utilisée depuis plusieurs années dans les cas d’incontinence urinaire. Une
sonde est introduite dans le vagin (le rectum chez l’homme) et l’activite
musculaire du plancher pelvien est représentée de façon graphique sur un écran
cathodique.
Ensuite,
par l’application des techniques de « biofeedback », le patient
apprend à contracter et relaxer les muscles pelviens exclusivement. À force de
faire ces exercices, le patient augmente la force et le tonus du muscle pelvien
et augmente son seuil de tolérance de la douleur.
Dans le
traitement de la CI, le programme de biofeedback devrait être administré par un
professionnel ayant une formation dans le traitement de la dysfonction et la
douleur du muscle pelvien.
Le
biofeedback peut initialement aggraver les symptômes de la CI, mais cet effet
s’atténue après quelques traitements.
Thérapie de la stimulation nerveuse par voie transcutanee
Administrée
dans le traitement de la douleur depuis les 30 dernières années, cette thérapie
implique la fixation d’électrodes sur la peau. L’objectif est de surcharger les
nerfs de la région affectée à un point tel que la douleur ne se transmet pas.
Cette thérapie a aussi pour conséquence d’augmenter la production des «
endorphines », narcotiques anti-douleurs que le corps produit de lui-même.
Les
électrodes sont fixés soit à l’abdomen ou à l’intérieur du vagin. La méthode intravaginale
est préférable puisque la thérapie est alors affectée plus près de la vessie,
du muscle pelvien et des nerfs. Les électrodes abdominaux son utilisés
principalement chez les femmes qui ne peuvent tolérer la présence d’un corps
étranger dans leur vagin.
Comme le
biofeedback, les meilleurs résultats sont obtenus suivant une thérapie
fréquente et de longue durée. Il est intéressant de noter que cette thérapie
semble plus efficace chez les personnes ayant de sévères inflammations de la
vessie.
Réduction du stress
Le stress
peut être problématique quand il devient constant et aigü et cause une
sécrétion d’histamine, un inflammatoire bien connu. Le stress affecte surtout
les patients qui ont des spasmes musculaires du plancher pelvien. Ces patients
contractent de facon subconciente leurs muscles au fur et à mesure que le
stress augmente.
Parmi les
méthodes de réduction de stress qui se sont révélées efficaces, notons les
suivantes:
1)
La détente musculaire progressive (une pratique effectuée
avec un thérapeute)
2)
La respiration diaphragmatique
3)
L’hypnose
4)
Le yoga et le taï-chi
5)
Le massage
6)
L’acuponcture
7)
Les groupes de soutien, les association, etc. …
Protocoles de ré-entrainement de la vessie
Le
patient typique atteint de la CI urine un petit volume de façon fréquente,
généralement en réponse soit à un malaise pelvique ou une urgenge urinaire...
Cet état est causé par une hypersensibilité de la vessie et ne correspond pas
toujours à l’atteinte de la capacité réelle de la vessie.
En
urinant souvent, la vessie n’a jamais la chance de s’étirer jusqu’à l’atteinte
de sa pleine capacité. La vessie a alors tendance à s’atrophier puisque quelle
nest jamais remplie à pleine capacite et ceci crée un cercle vicieux.
La
plupart des thérapies visent à reduire la sensibilite de la vessie. Si elle
n’est pas sensible, elle se remplira de façon plus efficace-. Le but de la
thérapie est alors d’augmenter graduellement les intervalles d’évacuation
urinaire, en essayant de se retenir 10-15 minutes plus longtemps. Ainsi l’intervalle
peut être augmentée de semaine en semaine.
Au cours
d’une période de 12 semaines, le patient peut augmenter ses intervalles de 1 à
3 heures. Chez les patients avec cicatrisation ou dont la vessie est petite, ce
protocole peut être plus long, voir de 6 à 12 mois.
Les vitamines
Dans une
régime alimentaire équilibré et normal, aucun supplément vitaminique ne devrait
être nécessaire. La diète de beaucoup de patients laisse toutefois à désirer à
cause de la sensibilité à plusieurs aliments. Dans ces cas, il serait
préférable de prendre une multi-vitamine.
Il n’y a
aucune évidence scientifique qui permette de croire qu’il y aurait une
amélioration de la condition de CI en soi. Les suppléments ne visent qu’à
répondre aux besoins habituels de la survie.
Les
vitamines et minéraux qui sont les plus importants chez le patient CI sont:
· La
vitamine A
· La
vitamine B6
· La
vitamine C
· La
vitamine E
· Le
zinc
· Le
calcium
· La
manganèse
Réf : M.Robert M, Moldwin., F.A.C.S. "The Interstitial Cystitis Survival Guide"