TRAITEMENTS
Une fois qu'un diagnostic de CI a été
établi, le médecin a la tâche d'expliquer au patient les divers traitements
susceptibles d'alléger les symptômes. Malgré toutes les recherches effectuées
jusqu'à ce jour, on ne sait toujours pas comment guérir la maladie. Les
résultats des traitements peuvent différer d'un patient à l'autre. C'est
pourquoi il faut en essayer plusieurs avant de déterminer lequel sera le plus
efficace. C'est d'ailleurs une autre raison de suspecter que la CI puisse être
multifactorielle. Le traitement de la CI peut se faire avec divers médicaments,
par instillation et distension de la vessie, par la stimulation de nerfs ou par
la chirurgie. Le traitement peut-être entravé par des exacerbations et des
rémissions de symptômes qui sont si caractéristique de la cystite
interstitielle.
Il est donc difficile de dire si une amélioration a été causée par un médicament
ou simplement par une rémission spontanée.
Voici les différents moyens de soulager les
douleurs occasionnées par la Cystite interstitielle, bien que , dans l’état actuel de la recherche, aucuns ne soient
curatifs :
TRAITEMENTS EN DÉTAILS
Neuro-Stimulateur
Thérapies conservatrices dans le traitement de la CI
LES MÉDICAMENTS ADMINISTRÉS PAR VOIE ORALE
A.ELMIRON™(polysulfate de pentosan
sodique) : Approuvé par la FDA en 1996, Elmiron est l’unique médicament
administré par voie orale dont l’utilisation est approuvée pour la CI. On pense
qu’il agit en restaurant la muqueuse vésicale amincie ou détériorée.
B.ANTIDÉPRESSEURS :Les résultats
obtenus avec les antidépresseurs tricycliques comme l’ Elavil™ (amitriptyline)
suggèrent une amélioration au niveau de la douleur et de la fréquence chez les
patients atteints de CI. Dans le cadre du traitement de la CI, ces médicaments
sont utilisés pour leurs propriétés analgésiques et non antidépressives.
Antidépresseurs tricycliques : Utilisés pour
leurs propriétés analgésiques, ils sont administrés, dans le cas de la CI, à
des doses inférieures à celles utilisées pour traiter la dépression. Parmi les
avantages : effet anticholinergique qui contribue à réduire la fréquence
urinaire, effet sédatif et blocage ou recapture de certains neurotransmetteurs
permettant de désensibiliser le cerveau aux impulsions de douleur.
Les antidépresseurs tricycliques les plus
souvent utilisés pour traiter la CI sont l’amitriptyline (Elavil™), la
désipramine (Norpramin™), la nortriptyline (Pamelor™), la doxépine (Sinequan™)
et l’imipramine (Tofranil™). Les inhibiteurs sélectifs de recapture de la
sérotonine (SSRI) tels que la paroxétine (Paxil™) peuvent également être
efficaces.
C.ANTIHISTAMINIQUES: Les
antihistaminiques sont administrés avec succès pour le traitement de la CI,
surtout chez les patients souffrant conjointement d’allergies.
L’antihistaminique le plus répandu est l’hydroxyzine, un inhibiteur de la
dégranulation des mastocytes qui semble avoir une action bénéfique sur les
symptômes de certains patients atteints de CI, et qui présente également des
propriétés sédatives et anxiolytiques. L’hydroxyzine est disponible en deux
formulations orales : l’hydroxyzine pamoate (Vistaril™) et l’hydrochlorure
d’hydroxyzine (Atarax™).
Le
Vistaril présente un taux d’absorption légèrement supérieur, tandis que l
’Atarax est disponible sous forme de liquide pour les patients allergiques aux
adjuvants et aux colorants utilisés dans les capsules et les comprimés. Le
cromoglycate de sodium (Gastrocrom™) est un inhibiteur de mastocytes qui
contribue également à soulager les symptômes chez certains patients.
D.ANALGÉSIQUES : Les antidépresseurs
tricycliques sont efficaces contre les douleurs légères et modérées.
Les
antispasmodiques tels que la gabapentine (Neurontin™) et le clonazépam (
Klonopin™) sont actuellement utilisés pour traiter la douleur chronique, comme
le sont les myorelaxants tels que le Valium™ et le Baclofène™.
Les analgésiques opiacés à action brève tels
que le Vicodin™ et le Percocet™ peuvent aussi être utilisés pour traiter les
douleurs modérées et intermittentes associées à la CI. OxyContin™, MS-Contin™
et Duragesic™ sont des analgésiques à action prolongée efficaces dans le cas de
douleurs chroniques aiguës.
LES AUTRES MÉDICAMENTS ORAUX INCLUENT
E.ANTISPASMODIQUES
(Urised™) et les anticholinergique s (Detrol™, Ditropan XL™, Levsin™) :
Les antagonistes des récepteurs H2 tels que Tagamet™ et Zantac™, les agents
alcalinisants des urines Bicitra™ et Polycitra-K™, les adrénolytiques Cardura™,
Flomax™ et Hytrin™, les inhibiteurs du leucotriène tels que Singulair™
(montelukast) ; et les médicaments combinés tels qu’Urimax™ (action
antispasmodique et analgésique). Urimax : antihistaminiques et myorelaxants.
Un traitement combiné peut s’avérer nécessaire.
Par exemple, un plan de traitement personnalisé pourrait associer un régime
alimentaire à la prise régulière d’un antidépresseur tricyclique, d’Elmiron,
plus un analgésique opiacé pour les douleurs aiguës.
INSTILLATIONS VÉSICALES
A.DISTENSION
VÉSICALE : Consiste à dilater la vessie avec de l’eau, sous anesthésie
générale. Cette méthode fait partie de la procédure de diagnostic de la CI et
peut également présenter des bienfaits thérapeutiques.
B.DMSO (diméthyle sulfoxyde) : Injecté
directement dans la vessie, ce médicament possède une action anti-inflammatoire
et soulage ainsi la douleur. Le DMSO peut également être associé à des
corticoïdes, de l’héparine et/ou un anesthésique local pour former un «
cocktail » médicamenteux.
C.Héparine : L’héparine possède des propriétés anti-inflammatoires
et protectrices, et peut imiter l’activité de la muqueuse vésicale pour
restaurer temporairement la couche de glycosaminoglycanne (GAG).
D.BCG (bacille de Calmette-Guérin ) : Ce
traitement expérimental est en cours d’essai clinique et n’est pas encore
approuvé par la FDA pour traiter la CI. Il semble stimuler le système
immunitaire.
E.CYSTISTAT™ (acide hyaluronique ) : Ce
médicament est également en cours d’essai clinique.. Son mode d’action présumé
consiste à restaurer la muqueuse vésicale détériorée. L’efficacité de ce traitement
est encore inconnue.
URACYST™-S (solution stérile de sulfate de chondroïtine de sodium) :
- La thérapie optimale de remplissage d’urothelium glycosaminoglycan de vessie
- Thérapie efficace de remplissage de GAG qui reconstitue le déficit de sulfate de chondroïtine dans l’urothelium.
- Restaurer la santé de l’urothelium, réduisant ou élimination des symptômes de CI.
- Une flexibilité du dosage pour une thérapie optimale pour la patiente.
Administration : Instillez l’hebdomadaire d’Uracyst-S pendant 4-6 semaines.
Puis, mensuellement, jusqu’à ce que les symptômes soient soulagés. La plupart des
patients devraient continuer la thérapie active pour une période de douze mois.
Pour des patients présentant avec CI grave, instillez le concentré d’Uracyst-S,
suivi de deux instillations par semaine pour les deux semaines suivantes ; puis,
l’hebdomadaire, jusqu’ à ce que les symptômes soient réduits. D’autres instillations
devraient être continuées sur une base mensuelle pendant au moins une période douze mois.
AUTRES MÉDICAMENTS ADMINISTRÉS PAR INSTILLATION VÉSICALE
Le Clorpactin® WCS-90 (oxychlorosène de sodium) peut être très douloureux et
nécessite une anesthésie générale, bien qu’il ait été utilisé sous forme diluée
en cabinet médical. Le nitrate d’argent, considéré aujourd’hui comme obsolète,
n’est que rarement utilisé.
(Administration automatisée des médicaments
(Electromotive Drug Administration ou EMDA™)
L’EMDA est un nouveau système pour
l’administration contrôlée de médicaments, créé par Physion. Il représente une
alternative aux modes d’administration traditionnels pour les affections urologiques.
Le système EMDA utilise un courant électrique pour envoyer rapidement un flux
ciblé de médicament (une solution intravésicale) au cœur des tissus vésicaux.
La fréquence d’administration peut être contrôlée en modifiant l’intensité du
courant électrique. Ce système peut être utilisé pour l’administration directe
et profonde d’anesthésiques locaux, d’anti-inflammatoires, d’agents protecteurs
de la vessie et d’autres médicaments dans la paroi vésicale.)
ÉLECTROSTIMULATION
A.Neurostimulation transcutanée
(Transcutaneous Electrical Nerve Stimulation ou TENS) : Délivrée par un
dispositif extracorporel, la neurostimulation transcutanée soulage les douleurs
vésicales chez certains patients.
B.Systèmes de stimulation électrique
du nerf sacré : Ces dispositifs chirurgicalement implantés sont approuvés pour
le traitement de l’incontinence, de l’urgence et de la fréquence urinaires. Ils
ne sont pas encore approuvés pour le traitement de la douleur associée à la CI,
mais sont actuellement en cours d’évaluation dans ce contexte.
INTERVENTION CHIRURGICALE
Pour une minorité de patients présentant des
symptômes particulièrement prononcés et une réponse insuffisante aux autres
traitements, une intervention chirurgicale peut être envisagée. Dans certains
cas cependant, les symptômes associés à la CI peuvent persévérer. Il existe
plusieurs types d’intervention pour traiter la CI, notamment :
La cystectomie (ablation de la vessie) et la
dérivation urinaire.
A.L’intervention chirurgicale est
envisagée uniquement comme dernier recours Il existe plusieurs types
d’intervention pour traiter la CI, notamment l ’augmentation de la vessie, la
dérivation urinaire et la construction d’une poche interne . La chirurgie peut
entraîner des complications graves et ces interventions ne soulagent pas
toujours la douleur .
B.La chirurgie au laser doit être utilisée
uniquement en présence d’un type particulier de cystite interstitielle,
l’ulcère de Hunner.
La
chirurgie au laser a été utilisée avec succès pour traiter l’ulcère de Hunner,
présent dans 5 à 10 pour cent des patients atteints de CI. L’efficacité du
traitement au laser dans les autres cas de CI n’ayant pas été démontrée, ce
type d’intervention est réservé uniquement à la forme ulcéreuse de la CI.
AUTRES TRAITEMENTS
A.RÉGIME ALIMENTAIRE : L’élimination
de certains aliments (acides ou épicés, par exemple) peut soulager les
symptômes associés à la CI.
Le tabagisme, le café, le thé et l’alcool
peuvent également aggraver les symptômes.
Les médecins découvrent parfois que certains
patients atteints de CI présentent d’autres symptômes résultant d’allergies
alimentaires. Les allergies au blé, au maïs, au seigle, à l’avoine et à l’orge
sont courantes. D’autres patients allergiques au lait et souffrant
d’intolérance au lactose peuvent manifester une réaction aiguë à ces aliments.
Bien que l’existence de l’allergie généralisée à la levure fasse encore l’objet
de controverses dans le monde médical, un certain nombre de patients atteints
de CI remarquent des résultats positifs en suivant un régime qui élimine
levures, sucres, fromages, moisissures, alcools et aliments fermentés. Si vous
pensez que les allergies alimentaires ont un impact sur vos symptômes de CI,
consultez votre médecin ou un nutritionniste spécialisé dans les allergies
alimentaires et environnementales.
Prelief™,
un complément alimentaire, peut, semble-t-il, aider à augmenter la tolérance
B.AUTOGESTION
PAR LE PATIENT : Les patients peuvent prendre certaines mesures thérapeutiques
pour améliorer leur qualité de vie et réduire l’incidence et la gravité des crises.
Entre autres, ces techniques peuvent inclure :
- Une
modification du régime alimentaire,
- Des
exercices de visualisation et de biofeedback,
- la
rééducation vésicale et d’autres exercices physiques.
C.ACTIVITÉ PHYSIQUE : Il est
souvent difficile de maintenir un certain niveau d’activité physique en
présence d’une sensation de gêne, de douleurs ou de fatigue après plusieurs
nuits de sommeil interrompu. Les patients présentant des symptômes aigus savent
que le moindre mouvement peut parfois être extrêmement inconfortable . Mais les
patients, même les plus touchés, qui font un effort pour se livrer à une forme
quelconque d’exercice physique signalent qu’ils s’en portent mieux physiquement
et psychologiquement . Essayer ces
exercices modérés :
- Aérobic
à faible impact ;
- Natation,
jogging, bicyclette ou musculation, si vos symptômes le permettent ;
système « Body Recall » développé pour les
personnes âgées et les invalides, qui comprend une série d’exercices pouvant
être exécutés au lit ;
exercices de Kegel pour renforcer les muscles
de la vessie et de l’urètre
D.RÉDUCTION
DU STRESS : La plupart des patients atteints de CI reconnaissent que le stress
augmente l’incidence et la sévérité des crises . Le simple fait d’être atteint
de cette maladie et des symptômes qui l’accompagnent peut représenter en soi
une source de stress considérable. Outre une activité physique régulière pour
combattre le stress et soulager la douleur, les patients suggèrent :
- L’apprentissage
de techniques de relaxation de base ;
- La
méditation à l’aide de cassettes et/ou techniques de visualisation ;
la psychothérapie pour apprendre à gérer la
maladie et maîtriser des techniques de réduction du stress.
E.SOULAGEMENT DE LA DOULEUR : De
nombreux patients atteints de CI constatent un soulagement de la douleur à
l’aide de stratégies simples pouvant être exécutées à domicile, notamment :
- Placer
une compresse froide, un coussin chauffant ou une bouillotte directement
sur la région périnéale (chez les femmes, entre l’anus et le vagin, chez
les homme, entre l’anus et la base du pénis). Faites des essais pour
déterminer si le chaud ou le froid est plus efficace ;
- Prendre
un bain de siège chaud, avec ou sans sels d’Epsom, dans la baignoire remplie d’eau ou dans un siège creux en
plastique réservé à cet effet (disponible en pharmacie) ;
- Placer
les genoux contre la poitrine, s’allonger avec les jambes écartées ou se
mettre en position accroupie ;
- Boire
un verre d’eau avec une cuillère à café de bicarbonate de soude . Si vous
suivez un régime sans sel, consultez d’abord votre médecin.
TRAITEMENTS NON CONVENTIONNELS
- acupression,
acuponcture et massage ;
- biofeedback,
techniques de visualisation ;
- thérapies
nutritionnelles et à base de plantes ;
- rééducation
de la vessie.
LES TRAITEMENTS QUI NE SONT PAS EFFICACES
CONTRE LA CI
Dilatation urétrale
Urétrotomie
AUTRES TRAITEMENTS EXPÉRIMENTAUX DONT
L’ÉTUDE EST ENVISAGÉE
RTX™ (résinifératoxine)
RTX™ est le nom de marque de la
résinifératoxine, une nouvelle substance proposée pour le traitement
endo-vésical de la CI. Lorsqu’il entre en contact avec la paroi vésicale, le
RTX désensibilise les fibres nerveuses de la vessie. Dans le cadre du
traitement de la CI, le RTX pourrait éventuellement soulager les symptômes
d’urgence et de fréquence ainsi que la douleurToxine botulinique
Les chercheurs explorent actuellement
l’utilisation de la toxine botulinique en instillation endo-vésicale pour le
traitement de la CI. En étudiant les voies nerveuses affectées par la toxine
botulinique, ils espèrent pouvoir développer de nouveaux traitements.
Neurostimulateur implantable de Advanced
Bionics
Advanced Bionics est au stade initial de
développement d’un neurostimulateur conçu pour la neuromodulation dans le cadre
d’une variété d’affections du plancher pelvien. Ce dispositif est basé sur des avancées en
microélectronique qui présagent une nouvelle ère pour l’implantation
chirurgicale minimalement invasive.